C’est quoi le droit au repos ?

Cette publication est issue du site du syndicat de salariés FO

 

Dès les origines, le mouvement ouvrier en général et le mouvement syndical en particulier se sont battus pour lutter contre l’exploitation dans le domaine du temps de travail : réduction des horaires hebdomadaires, droit aux congés payés, donc droit au repos et aux loisirs. 

Dès sa fondation en 1895, la CGT a pour slogan « 8 heures de travail, 8 heures de loisirs, 8 heures de sommeil ». Il faut attendre la loi du 13 juillet 1906 pour que les ouvriers et les employés de commerce obtiennent le repos dominical obligatoire. Quant à la majorité laborieuse paysanne, elle continuera à ne pas compter ses heures. C’est avec le Front populaire que le monde du travail va enfin pouvoir souffler un peu et se reposer. Les 12 et 14 juin 1936, le Parlement vote la loi sur les 40 heures hebdomadaires et les deux semaines de congés payés. Les premières vacances de la classe ouvrière française ont été et resteront le symbole le plus fort pour l’ensemble du monde du travail. Pour la première fois un vent de liberté s’est levé et pas simplement au sens figuré. En juillet 1936, 600 000 ouvriers et leurs familles découvrent la mer, la campagne, les loisirs. Ils partent sur les routes, à pied, à vélo, en chemin de fer. La presse de droite, effrayée, parle même de ces salopards à casquette qui souillent nos plages. Jusqu’à la veille de la guerre on assiste à une floraison de maisons de la culture, au « Ciné-liberté », au développement des fédérations sportives du travail, du camping, des auberges de jeunesse, des gîtes ruraux… 

Des acquis à défendre

Si ce droit aux loisirs va dans le sens du progrès et des droits fondamentaux de l’Homme, il n’en reste pas moins régulièrement remis en cause. En mars 1956, les Français obtiennent la troisième semaine de congés payés, puis la quatrième en mars 1969 et enfin la cinquième en janvier 1982. Quant à la semaine de 40 heures, elle passe à 39 en 1982 puis à 35 (par deux lois, en 1998 et 2000). Mais dès 2002, les 35 heures, qui sont devenues obligatoires pour toutes les entreprises – mais qui n’ont jamais fait l’objet d’une compensation suffisante en termes de créations d’emplois – sont attaquées. 

Si les cinq semaines de congés payés résistent toujours, chômeurs et précaires n’en bénéficient pas et avec la baisse du pouvoir d’achat les vacances fondent comme neige au soleil. On part moins longtemps, moins loin et plus souvent dans la famille, quand on a la chance d’en avoir encore ! En 2001, 40 % des Français ne partaient pas en vacances. La barre des 50 % était franchie en 2009. Mais il ne s’agit que d’une moyenne. Aujourd’hui, près de 20 millions de Français aux revenus modestes ne partent pas en vacances. 

 

Les attaques récentesLe repos dominical est attaqué dès le 30 janvier 2003 par une proposition de loi d’un certain Patrick Balkany qui souhaite l’ouverture du dimanche pour tous les commerces de détail. Le 30 juin 2004, le gouvernement Raffarin instaure la « journée de solidarité », rendant le lundi de Pentecôte travaillé, mesure qui ne touche, comme d’habitude, que les salariés.

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