Assurance chômage : la CGT explique son refus de signer

Cet article provient du site du syndicat CGT.

Le sauvetage du paritarisme ne peut être le prétexte pour la CGT à la signature d’un texte contre les femmes, les travailleurs précaires et les seniors. Il n’est pas possible d’accepter un recul aussi important au seul bénéfice du patronat. La négociation est un droit des salariés comme des privés d’emploi qui doit leur être favorable. 

Seuil d’ouverture de droit : avec la modification du mode de calcul de l’allocation en activité réduite c’est 470 millions d’euros d’économies annuelles qui vont être faites sur le dos des travailleurs précaires, allant jusqu’à des baisses de 200 euros par mois dans certains cas pour des salariés en CDD, en intérim ou à temps partiel, au Smic. 54 000 travailleurs précaires vont voir leurs droits baisser de plus de 10 %. 

Seniors : 400 millions d’euros sont économisés sur les seniors : la borne d’âge de 50 ans à partir de laquelle les droits sont prolongés de 24 à 36 mois actuellement va être repoussée avec deux paliers. De 50 à 52 ans, 40 000 chômeurs perdent 12 mois, de 52 à 55 ans 40 000 autres perdent 6 mois. En « compensation », un hypothétique abondement du droit à la formation de 500 heures doit être mis en place… plus tard, par un accord sur la formation. 

Dans les deux cas, les femmes seront plus touchées que les hommes, d’une part parce qu’elles sont plus concernées par les temps partiels et, d’autre part, parce qu’elles ont plus de mal après 50 ans à retrouver du travail. Dans le même temps, le Medef a refusé d’augmenter les cotisations sur les 133 000 plus hauts salaires (supérieurs à 13 076 euros), lesquels sont à 85 % versés aux hommes, cadres dirigeants de grosses entreprises … 

Duperie sur les contrats courts et des négociations de branche à prévoir : à propos des contrats courts, l’accord prévoit des négociations dans les branches les plus utilisatrices de contrats courts ou CDD d’usage, pour l’instauration d’une sur-cotisation. Cette hypothétique négociation pourrait concerner plus particulièrement les hôtels-cafés-restaurants, le médico-social, les enquêtes d’opinion, l’intérim. Le patronat de ces secteurs n’entend pas pour autant céder à ce qu’il considère être un compromis inacceptable de l’accord au sein du Medef…

Modifications du différé 2014 :
un différé, c’est-à-dire un délai de 180 jours maximum, a été instauré en 2014 qui retarde le versement des allocations lorsque le salarié a perçu une indemnité supérieure au minimum légal. Facture totale supportée par les seuls privé-e-s d’emploi : environ 900 millions d’euros, pour zéro obligation des employeurs. 

La CGT a porté de nombreuses propositions de nouvelles recettes que le patronat a refusé d’envisager par dogmatisme : égalité des salaires femmes/hommes, taxation des ruptures conventionnelles, déplafonnement des cotisations sur les hauts salaires, cotisations patronales sur les contrats courts, révision des exemptions d’assiettes, par exemple, sur les primes d’intéressement ou les stocks options.
Le chantage du Medef, soutenu par certains candidats à la présidentielle, se traduit par un sacrifice des droits des privés d’emploi. 

La CGT va poursuivre son action pour une véritable politique du travail et de l’emploi autour de plusieurs axes :
– la transformation du travail ;
– la réduction du temps de travail pour travailler moins, mieux et tous ;
– le développement de l’industrie et des services publics. 

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