Le gouvernement doit dévoiler aujourd’hui ses pistes pour l’assurance-chômage. Il est à peu près acquis que l’indemnisation des cadres sera plafonnée. Voilà une belle façon de confirmer le détricotage de la protection sociale contributive inventée en 1941 (avec la création de la CNAV) par le régime de Vichy et reprise à son compte par le Conseil National de la Résistance.
La protection sociale est-elle une affaire beveridgienne, c’est-à-dire de solidarité minimale universelle, ou une affaire bismarckienne, c’est-à-dire une assurance réservée aux cotisants qui sont indemnisés à due proportion de leurs cotisations? Depuis une bonne vingtaine d’années, la France hésite entre les deux modèles, cherchant à cumuler les avantages de l’un et de l’autre mais réussissant à peine (si l’on en juge par l’effondrement de notre compétitivité internationale due au coût de cette indécision pour le travail et les entreprises en France) à cumuler les inconvénients de chacun.