Accord de libre-échange CETA : la CGT opposée à son entrée en vigueur

Cet article provient du site du syndicat CGT.

 

Après des tractations inhabituelles entre les institutions européennes et les États Membres, l’Accord économique et commercial global (AÉCG ou CETA [1] Agreement pour l’anglais) entre l’Union Européenne et le Canada a été signé et est désormais soumis à la ratification par les parlements. 

Les difficultés qui ont conduit au report de la signature ont mis en lumière une fois de plus des dysfonctionnements majeurs dans la conduite de la politique commerciale européenne, concernant l’opacité des négociations et les divergences parmi les États-Membre sur la ligne politique à suivre.  

La procédure de ratification, conduite de façon expéditive, a depuis débuté devant le Parlement européen. Les Parlementaires entérinent ainsi l’absence de transparence et de débat sur le CETA.  

En l’état, celui-ci franchit l’ensemble des lignes rouges que la CGT a fixées [2]. depuis le début des négociations : 

1. Le droit du travail individuel et collectif n’est pas contraignant. L’accord favorise de fait le dumping social ; 

2. Les investisseurs étrangers jouissent de garanties exorbitantes qui ne sont pas accordées aux investisseurs nationaux, dans un contexte où les droits des travailleurs n’obtiennent aucune garantie. De telles conditions sont propices aux délocalisations, restructurations, et autres LBO ; 

3. Les services publics ne sont pas exemptés du champ d’application de l’accord. Le fonctionnement par liste noire rend la compréhension des règles particulièrement difficile, et favorise la libéralisation du secteur public ; 

4. Le principe de précaution n’est pas garanti efficacement dans l’accord. Seule une déclaration de bonne volonté est contenue dans l’Instrument interprétatif commun annexé à l’accord ; 

5. La coopération réglementaire fait peser une menace supplémentaire sur le droit du travail. Quant aux autres règles, le respect de l’intérêt général n’est même pas mentionné dans le texte ; 

6. Les marchés publics sont complètement soumis au cadre néolibéral. Cela créera une pression non-nécessaire sur les conditions de travail et les salaires ; 

7. La mise en œuvre provisoire fera entrer la majeure partie de l’accord en vigueur, sans que les parlements nationaux aient eu l’occasion d’examiner le texte. La procédure ultra-accélérée devant le 

Parlement européen court-circuite tout débat démocratique. 

L’Instrument interprétatif commun, signé en même temps que l’accord lui-même, ne modifie pas cet état de fait.  

La CGT défend la coopération internationale, l’échange international des biens et des services et la mobilité des personnes. L’intensification des échanges induite a besoin de règles assurant le partage équitable des richesses crées. Elle ne peut donc être qu’opposée à la ratification, mise en œuvre provisoire et entrée en vigueur définitive du CETA en sa forme actuelle. Elle appelle citoyens, travailleurs et députés à refuser cet accord dangereux pour les salariés européens. Retrouvez ici la résolution de la CGT, en français et ici en anglais.]] 

[1] Comprehensive Economic and Trade[2] Cf. le récapitulatif en annexe 

 

Ajouter aux articles favoris
Please login to bookmark Close
0 Shares:
Découvrez nos analyses et capsules vidéos
Lancer la vidéo

PSC au sein des GIP : David Amiel répond à Nadège Havet

Lancer la vidéo

MECSS 2026 : la Direction Générale du Trésor et l'ACPR parlent du gel des tarifs des mutuelles

Lancer la vidéo

Le pouls des CCN #7 : PSC, Alan et agréments de catégories objectives

You May Also Like

Les classifications évoluent dans la CCN du courtage d’assurances réassurances

Un accord relatif aux classifications a été conclu dans la CCN du courtage d’assurance et de réassurance IDCC 2247. Cet avenant du 11 juin 2026 a été signé par l’organisation patronale PLANETE CSCA ; ainsi que par les syndicats de salariés Fédération C.F.D.T. Banque et Assurances, Syndicat National de l’Encadrement du Courtage et des Agences d’Assurances...

Le négoce de l’ameublement revient sur la médaille d’honneur du travail

Les partenaires sociaux de la CCN du négoce de l’ameublement (IDCC 1880) ont conclu un avenant sur la médaille d'honneur du travail. Le texte daté du 30 avril 2026 a pour objet de préciser les dispositions de l’accord du 14 juin 2018 relatif à la médaille d’honneur du travail, relatives à l’obtention de cette dernière par des personnes en situation particulière,...