Philippe Pihet (FO) : « Les partenaires sociaux n’ont aucune leçon à recevoir des pouvoirs publics en matière de conflits d’intérêts »

Le décret relatif aux conflits d’intérêts dans le cadre des procédures de recommandation d’organismes prestataires d’assurance de protection sociale complémentaire a été publié le 10 janvier 2015, après une phase d’élaboration par les services de la Direction de la Sécurité Sociale qui a duré près d’un an. Du côté de Force Ouvrière, on ne décolère pas contre ce décret et l’organisation vient même de déposer un recours devant le Conseil d’Etat pour « excès de pouvoir ». 

FO estime que cet « excès de pouvoir » provient de la « disproportion de la réglementation eu égard à sa finalité » : la procédure de qualification ou de disqualification des représentants des employeurs ou des salariés chargés de sélectionner le(s) organisme(s) d’assurance serait bien trop lourde étant donné la portée de la procédure de recommandation, qui « n’est qu’indicative, même pas incitative ». En particulier, la « rétroaction quinquennale » pénaliserait de fait un très grand nombre de responsables syndicaux ou patronaux. En outre, FO dénonce « l’entrave à la liberté syndicale » que constitue ce décret, puisqu’il constitue une forme d’ingérence des pouvoirs publics dans le fonctionnement des organisations mandataires. Enfin, l’Avenue du Maine s’insurge contre la « discrimination entre famille d’assureurs » introduite par le décret : d’après elle, ce sont uniquement les institutions paritaires qui sont visées. 

Contacté par téléphone, Philippe Pihet, responsable FO en charge des retraites et de la prévoyance sociale, précise la position de son organisation. En préalable, il tient à affirmer qu’elle est tout à fait favorable à « la transparence des procédures » et à « l’égalité entre les candidats ». « Les partenaires sociaux n’ont aucune leçon à recevoir des pouvoirs publics en matière de conflits d’intérêts », ironise-t-il d’ailleurs. M. Pihet réitère les critiques formulées par FO à l’encontre du décret et insiste sur le fait que les pouvoirs publics « méconnaissent » le fonctionnement des organisations professionnelles ou syndicales : c’est l’organisation qui impose un mandat aux mandataires, et non l’inverse. Il en profite pour souligner « l’hypocrisie » du texte, qui, au fond, exige simplement de ces organisations qu’elles ne mandatent pas tel ou tel responsable afin de défendre le choix de tel ou tel organisme – le choix restant du ressort de l’organisation… 

Ce contenu est réservé aux abonnés

Contactez-nous pour accéder à tous nos articles premium
Si vous un compte vous pouvez vous connecter.
0 Shares:
Découvrez nos analyses et capsules vidéos
Lancer la vidéo

Le pouls des CCN #2 : le point sur la santé des HCR et la prévoyance des Services à la personne

Lancer la vidéo

MECSS 2026 : la Direction Générale du Trésor et l'ACPR parlent du gel des tarifs des mutuelles

Lancer la vidéo

Webinaire Tripalio #5 : les 3 grandes actualités PSC du moment

Lancer la vidéo

Gel des tarifs santé en 2026 : Stéphanie Rist répond à Charles de Courson

You May Also Like
Lire plus

La rédaction Tripalio vous donne rendez-vous le 24 août

L'équipe de rédaction de Tripalio vous souhaite un très bel été 2026 et vous donne rendez-vous le 24 août ! N'oubliez pas que le comparateur santé Triparator IA est ouvert gratuitement à tous nos visiteurs : rendez-vous ici pour l'essayer jusqu'au 31 août 2026 ! Et...
Lire plus

Financement du paritarisme : le juge valide le ruissellement entre organisations patronales d’une même fédération

Une organisation patronale peut-elle partager les crédits liés au financement du paritarisme à d'autres organisations ? C'est à cette question que répond la Cour de cassation à propos du partage de fonds entre une fédération patronale et ses organisations adhérentes. La décision concerne une convention collective nationale (CCN) en particulier : celle du commerce de détail alimentaire non spécialisé (IDCC...
Lire plus

Non l’arrêt maladie « AT-MP » n’immunise pas le salarié contre ses fautes passées

Les salariés en arrêt de travail à cause d'un accident du travail ou d'une maladie professionnelle (AT-MP) sont en principe particulièrement bien protégés contre les licenciements. Cette protection n'est toutefois pas synonyme d'immunité totale et des cas bien spécifiques ouvrent tout de même la voie au licenciement par l'employeur. Le juge a d'ailleurs rappelé l'étendue du...