Dans les quelques énigmes de notre époque, l’acharnement que Thierry Lepaon met à garder son poste de secrétaire général de la CGT, en dépit des contestations dont il fait l’objet, figure en bonne place. A part un immense ressentiment contre l’organisation qui le rejette, rien ne peut justifier cette obstination qui affaiblit à ce point le premier syndicat français. A l’issue du comité confédéral national qui se réunit, il devrait sauver sa tête à la commission exécutive, faire approuver une nouvelle direction dont les modernistes les plus prometteurs sont exclus. Un véritable suicide collectif.
Un problème de légitimité
Une partie de l’argumentation de Thierry Lepaon pour justifier son maintien en poste repose sur l’existence d’un complot interne organisé par ses opposants. Ce réflexe obsidional bien connu ne répond pas aux questions que les militants de la CGT posent à leur secrétaire général depuis son arrivée: quelle est la ligne du syndicat? quelles sont ses propositions? quelle stratégie d’influence déploie-t-il pour peser dans le débat public?