Les critiques de la CGT contre la loi PACTE

Cette publication provient du site du syndicat de salariés CGT.

Le lundi 18 juin, le Conseil des ministres examinera le projet de loi PACTE censé favoriser la croissance et le financement des entreprises pour créer de l’emploi et repenser la place de l’entreprise dans la société. 

Après les réformes du code du travail combattues par notre organisation, supposées favoriser l’emploi, la loi PACTE, selon le gouvernement, devrait permettre une meilleure répartition des richesses et une prise en compte des enjeux sociaux et environnementaux. 

À ce stade, la CGT en dénonce l’imposture, de même qu’un grand nombre d’organisations syndicales, si on s’en tient à l’avis défavorable rendu lors de la Commission Nationale de la Négociation Collective du 12 juin dernier. 

Le projet de loi PACTE poursuit le mouvement de financiarisation des entreprises qui étrangle l’économie et avec lequel il faut rompre. Les bénéfices des entreprises du CAC 40 ont explosé en 2017 avec 94 milliards d’euros et la part des dividendes versée aux actionnaires ne cesse de progresser passant de 30% au début des années 2000 à 67,5%, en 2016, au détriment des salaires. 

Ainsi, le gouvernement en profite en envisageant de privatiser les Aéroports de Paris (pourtant stratégiques pour le développement économique du pays, l’aménagement du territoire et l’intérêt général), la Française des Jeux (avec le danger, s’agissant d’argent et de possibles dérives, de confier la gestion à des actionnaires privés) et ENGIE (alors qu’à contrario, un pôle public de l’énergie est indispensable au service des usagers et des citoyens). 

Ce projet de loi complète également, sur le versant entreprise, la loi travail et les ordonnances Macron alors qu’il convient, au contraire, de favoriser l’intervention des salariés sur leur travail et sur les choix stratégiques des entreprises. Tout comme la loi sur le secret des affaires, en cours d’adoption, qui vise à bâillonner l’expression des salariés sur les agissements des sociétés, ouvrant le champ des possibles aux dérives comme les Panama Papers et Médiator. 

La baisse des seuils, la suppression du forfait social et l’encouragement à l’épargne salariale, ont la même finalité : favoriser un effet d’aubaine pour favoriser le capital au détriment du travail. 

Le projet de loi PACTE veut favoriser, pour les retraites supplémentaires, l’introduction des sociétés de gestion d’actifs et des fonds de pension à l’anglo-saxonne. Il s’agit de faire primer l’individualisation sur la solidarité. En portant atteinte au financement de la sécurité sociale, il vise à aller progressivement de la retraite par répartition à la retraite par capitalisation ; contrairement au discours du président de la République. 

La CGT porte un projet « L’Entreprise Autrement » bâti autour de 37 propositions de nature à redresser l’économie avec la création d’emplois stables et pérennes, à donner une autre finalité à la production de biens et de services qui conjuguent dans un même élan, croissance et protection de l’environnement. 

La CGT réclame la tenue d’une séance plénière réunissant les syndicats, le patronat et les pouvoirs publics pour porter son projet sur la loi PACTE. 

Ajouter aux articles favoris
Please login to bookmarkClose
0 Shares:
Découvrez nos analyses et capsules vidéos
Lancer la vidéo

PLFSS 2026 : rejet du socle solidaire et responsable par la ministre Amélie de Montchalin

Lancer la vidéo

Nicolas Desormiere (MH) : la garantie aidants, nouvelle corde de la prévoyance CCN

Lancer la vidéo

MECSS 2026 : le HCAAM parle Grande Sécu et prévoyance

You May Also Like
Lire plus

Urgences : derrière les moyennes, la double peine du lieu et de l’âge

La Drees (service statistique des ministères sociaux) livre deux nouvelles études les urgences hospitalières à partir d'informations qui datent de 2023. Le constat est difficile car derrière la durée moyenne de passage — 3h10, contre 2h15 il y a dix ans — se dessinent deux inégalités : l'une concerne le service des urgences où l'on se présente, l'autre concerne l'âge du patient. Un état des lieux qui n'est pas sans conséquences pour les assureurs complémentaires. ...

Avis d’extension d’un avenant prévoyance à la CCN de l’industrie de salaison et charcutière en gros

Le ministre travail et des solidarités envisage d’étendre, par avis publié le 3 juin 2026, les dispositions de l’avenant du 16 avril 2026 relatif au régime de prévoyance pour les salarié.e.s cadres relevant des articles 2.1 et 2.2 de l'ANI du 17 novembre 2017, conclu dans le cadre de la convention collective nationale des industries de la salaison, charcuterie en gros et conserves de viandes du...

Avis d’extension d’un avenant à un accord territorial dans la métallurgie (Drôme-Ardèche)

Le ministre travail et des solidarités, envisage d’étendre, par avis publié le 3 juin 2026, les dispositions de l'avenant n° 3 du 27 mars 2026 à l'accord territorial (Drôme-Ardèche) du 9 juin 2022, relatifs aux dispositions spécifiques aux salariés, conclu dans le cadre de la convention collective nationale de la métallurgie du 7 février 2022 (...