Chez Bricorama, les salariés n’apprécient pas les pizzas à 4000 euros

Ayant appris, au beau milieu de l’été et par voie de presse, le rachat prochain de leur enseigne par les Mousquetaires, les salariés de Bricorama sont inquiets quant à l’évolution de leur situation professionnelle à court et moyen termes. Certains en viennent même à se mobiliser. Au lieu de les rassurer, la direction de Bricorama tente de leur offrir des pizzas. En vain. 

Un rachat à « 3000 ou 4000 euros »

Les représentants des salariés de Bricorama attendaient beaucoup du CCE qui se tenait le 15 septembre. Ils espéraient notamment avoir des informations quant au déroulement du processus de rachat de l’enseigne par les Mousquetaires. En particulier, ils souhaitaient avoir des garanties sur le maintien de l’emploi mais également – et de manière pas du tout accessoire – sur les compensations proposées aux salariés qui changeront d’employeur. Comme le rappelle en effet un représentant FO des salariés, contrairement à Bricorama, les Mousquetaires ne sont pas une entreprise intégrée et les « adhérents » du groupe, autrement dit les magasins, mènent donc leur politique sociale chacun de leur côté. 

Au total, « entre la participation, l’intéressement, la prime vacances, les chèques restaurants… les salariés devraient perdre 3000 ou 4000 euros sur l’année » tranche notre interlocuteur. 

Des salariés mécontents

Hélas pour les salariés et leurs représentants, le CCE n’a donné lieu à aucune explication de texte digne de ce nom. Le dialogue entre la direction et les syndicats a tourné court et ces derniers ont décidé de mandater un avocat et un expert-comptable afin d’étudier les moyens d’empêcher la transaction d’avoir lieu. M. Bourrelier, patron de Bricorama et spécialiste de la reprise, faisait grise mine. 

Parallèlement à ceci, les représentants du personnel ont appelé leurs troupes à la mobilisation, vendredi 22 et samedi 23 septembre. Ainsi, samedi, à Vitry-le-François, un mouvement de débrayage de deux heures a eu lieu. « 99 % des effectifs ont suivi le mot d’ordre » se félicite le responsable FO, qui précise que le seul salarié qui ne s’est pas mobilisé était le directeur du site. 

La pizza refroidie

Afin d’éviter que la contestation s’enracine, le directeur régional de Bricorama a décidé de convier les salariés à une discussion, prévue pour le lundi 25 septembre. Dans sa besace, des informations sur l’avenir du site et des salariés ? Non ! Des pizzas pour le déjeuner. « A la fin de la matinée, le directeur régional a convié tout le monde à venir manger de la pizza. Il a tenté d’amadouer le personnel » s’agace le représentant FO, qui insiste bien sur le fait que les salariés ont refusé cette proposition. Le représentant de Bricorama s’est ainsi trouvé contraint de faire un discours d’un quart d’heure. « Il n’a rien dit d’intéressant pour les salariés. On se demande vraiment pourquoi il est venu ! » tonne FO. 

Le syndicat souligne que le responsable régional a, certes, fait preuve de compréhension à l’égard du personnel. Il se murmure déjà, parmi le personnel, que cette attitude bienveillante n’est pas tout à fait innocente. Dans la mesure où les Mousquetaires ne disposent pas de directeurs régionaux, le directeur de Bricorama amateur de pizzas va sans doute devoir repenser la suite de sa carrière professionnelle. 

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