Les établissements privés d’hospitalisation, de soins, de cure et de garde à but non lucratif (CCN 51, 270000 salariés) sont généralement considérés comme relevant de l’économie sociale et solidaire. Pourtant, les partenaires sociaux du secteur éprouvent les plus grandes difficultés à dialoguer ensemble et à se mettre d’accord sur des avancées sociales significatives.
Les salaires et la complémentaire santé à la peine
Denis Lavat, responsable de la CFTC en charge du secteur, déplore la politique salariale des employeurs. Selon lui, depuis 2005, les revalorisations générales décidées par les partenaires sociaux sont des plus minimales et n’ont lieu qu’à intervalles espacés – tous les trois ans, afin d’éviter l’intervention de l’Etat. Le patronat prend appui sur la rigueur salarial appliquée dans les établissements publics afin de proposer ou d’imposer des années blanches ou des augmentations ne dépassant que rarement le pourcent. Dans d’autres cas, il arrive que le ministère des affaires sociales avance des revalorisations différenciées dans le secteur social et dans le secteur sanitaire : les employeurs de la CCN 51 ne seraient pas opposés à les appliquer mais refusent en revanche d’appliquer une péréquation, qui bénéficierait à tous les salariés. Or, de leur côté, les syndicats de salariés tiennent absolument à maintenir l’existence d’une seule valeur de point pour la CCN, afin d’éviter les divisions internes au groupe des salariés. Dans ces cas-là, aucune augmentation n’a lieu.