Il y a quelques semaines, nous évoquions les risques que la dégradation du dialogue social de la CCN 66 faisait courir à la nécessaire renégociation de son régime prévoyance, lourdement déficitaire. Les deux dernières commissions paritaires de la branche viennent le confirmer : la branche semble actuellement dans l’incapacité de prendre les décisions douloureuses qui s’imposent.
Un dialogue social introuvable
La crise du partenariat social de la CCN 66 couve depuis l’automne 2017. Lors de la commission paritaire nationale qui s’est tenue à la fin du mois de novembre, les échanges ont tourné court entre les représentants patronaux de Nexem et ceux des salariés. Scandalisés par l’article 70 – à l’origine article 50 – du PLFSS 2018, qui met fin à l’opposabilité de la CCN 66 aux financeurs publics des établissements relevant de la CCN, les organisations salariales ont demandé à Nexem de lutter à leurs côtés contre cet article. La chambre patronale ayant refusé d’agir ainsi, la CGT, FO et Sud, qui représentent un peu plus de 60 % des salariés de la branche, ont jugé préférable de quitter la table des négociations. La prévoyance et ses 14 millions d’euros de déficit pouvaient bien attendre un peu.