Homéopathie : le déremboursement voté, Agnès Buzyn joue la montre (et le thermomètre)

Avec Reuters – Le ministère français de la Santé ne prendra pas de décision avant plusieurs jours, voire plusieurs semaines, sur le déremboursement éventuel de l’homéopathie par la Sécurité sociale, a déclaré ce jeudi Agnès Buzyn.

 

Selon Libération, la commission de la transparence de la HAS a voté mercredi en faveur du déremboursement, suivant en cela un premier avis, alors provisoire, remis mi-mai aux trois laboratoires concernés, Boiron, Lehning et Weleda. Cette dernière doit se prononcer sur la base d’un avis de la Haute Autorité de santé (HAS), qui doit être rendu public vendredi. 

« L’urgence est de gérer la canicule et son impact. Je pense que la décision peut attendre encore quelques jours », a déclaré, sur France 2, la ministre de la Santé, qui dit ne pas avoir encore pris connaissance des recommandations définitives de l’autorité. 

Baroud d’honneur des laboratoires

« Les décisions de déremboursement de médicaments peuvent se prendre quelques jours ou quelques semaines après l’avis de la Haute Autorité de santé. » 

Agnès Buzyn, ministre de la Santé et des Solidarités 

Agnès Buzyn a fait savoir dans le passé qu’elle se rangerait à l’avis de la HAS. Les laboratoires invoquent notamment, pour défendre leur cause, les conséquences potentielles d’un déremboursement sur l’emploi. Boiron se montre particulièrement inquiet quant au déremboursement d’un procédé qui pèse 126 millions d’euros annuels. 

Dernièrement, le groupe a entrepris une série d’études, les « EPI3 » pour comparer l’efficacité des soins à base homéopathique à ceux qui sont plus conventionnels. L’expertise montrait que les patients traités à l’homéopathie consommaient moins d’antibiotiques, d’anti-inflammatoires, d’antalgiques et autres psychotropes, dégageant ainsi des économies pour l’assurance maladie. 

Cependant, ces études n’ont que peu convaincus, certains mettant en doute la fiabilité des données et l’éthique avec laquelle elles ont été menées. Pour quelques experts, l’issue était connue d’avance. La sévérité des maux des « cobayes » n’aurait pas non plus été la même suivant les processus thérapeuthiques utilisés. 

Pour Boiron, avant de prendre sa décision, le gouvernement doit aussi prendre en compte le fait que dérembourser l’homéopathie fera se tourner de nombreux patients vers des médicaments conventionnels et soumis au remboursement par l’Assurance Maladie. Le poids supporté par la Sécurité Sociale n’en serait que plus important, de même que le pouvoir d’achat des patients réduirait. 

L’argument financier, un argument bien trouvé en somme. 

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