Chez les avocats aux conseils, Me Lyon-Caen met les salariés au régime sec

Jusqu’à présent, en matière de revalorisation salariale, les avocats aux conseils – branche amenée à disparaître d’ici peu, rappelons-le – bénéficiaient d’un traitement relativement avantageux.

Il était en effet de coutume que les revalorisations des minima salariaux négociées au niveau de la branche s’appliquent en réalité à l’ensemble des salariés des quelque soixante études de la profession. Hélas pour ces derniers, il faut croire que cette époque est révolue. 

Me Lyon-Caen – issu, il n’est sans doute pas nécessaire de le préciser, d’une grande dynastie de juristes – qui vient de prendre la tête de la délégation patronale de négociation de la convention collective, aurait décidé de rompre avec cet usage favorable aux salariés des études. Ils ne bénéficieront donc qu’au cas par cas des 2 % d’augmentation des grilles hiérarchiques négociés cette année par les représentants de la branche. 

Interrogé par la CGT au sujet de ce changement de politique, Me Lyon-Caen aurait répondu en niant d’une part l’existence de cet usage et en rappelant d’autre part le droit en vigueur en matière d’augmentations salariales : « Notre négociation annuelle porte sur la valeur du point et donc sur la fixation des salaires minima. Il n’existe aucun usage, au niveau de la branche, de répercuter l’augmentation des salaires minima sur les salaires effectifs. C’est au niveau de chaque charge, qu’est déterminé si et jusqu’où cette répercussion a lieu. » Contacté, Me Lyon-Caen ne nous a toujours pas répondu. 

Déplorant cette affaire, la CGT estime en tout cas qu’elle « porte atteinte à la sincérité des négociations et à la confiance » qu’elle accordait jusqu’alors aux représentants patronaux. Les derniers temps d’existence de la branche des avocats aux conseils pourraient s’avérer tendus. 

Ajouter aux articles favoris
Please login to bookmarkClose
0 Shares:
Découvrez nos analyses et capsules vidéos
Lancer la vidéo

PLFSS 2026 : rejet du socle solidaire et responsable par la ministre Amélie de Montchalin

Lancer la vidéo

Le pouls des CCN #1 : le régime santé de la CCN Syntec

Lancer la vidéo

MECSS 2026 : le HCAAM revient sur l'impact de la généralisation de la complémentaire santé

You May Also Like

Lutte contre les fraudes : retour sur l’article 5 voté en CMP

Quelques jours après le vote du projet de loi contre les fraudes sociales et fiscales en commission mixte paritaire (CMP) dans une version qui convient mieux aux représentants des complémentaires santé, des organismes de tiers payant et des réseaux de soins, le texte mis à jour a enfin été mis en ligne. Nous proposons à nos lecteurs de découvrir, ci-après, la nouvelle version de...

Le paysage fait évoluer la partie « retraite » de ses ouvriers et ETAM

Dans la convention collective nationale (CCN) des entreprises du paysage (IDCC 7018), l'avenant n° 47 du 17 septembre 2025 met à jour les indemnités de départ en retraite des salariés ouvriers, employés et techniciens agents de maîtrise (ETAM). Le texte est tout juste paru au Bulletin officiel des conventions collectives (BOCC) agricoles. Il s'appliquera le 1er juillet...

Les activités hippiques rectifient leur CCN

Les partenaires sociaux de la convention collective nationale (CCN) des activités hippiques (IDCC 7026) ont signé un avenant le 2 décembre 2025 pour adapter leur texte conventionnel aux observations de la sous-commission d'extension. L'avenant a été conclu par les organisations patronales GHN, AEDG et SEDJ ainsi que par les syndicats de salariés FGTA FO, CFTC Agriculture...

Les caves coopératives vinicoles se dotent d’un accord type d’intéressement

Dans la convention collective nationale (CCN) des caves coopératives vinicoles et leurs unions (IDCC 7005), un accord a été conclu pour proposer aux entreprises du secteur un accord type d'intéressement (entièrement facultatif). Ce texte est daté du 13 novembre 2025 et il s'appliquera le lendemain de la parution de son arrêté d'extension au Journal officiel. Signalons...