La réforme des retraites revient tel un Jack in the box dans le paysage politique français. Elle est visiblement souhaitée par Emmanuel Macron, qui doit parfois se souvenir que la France est membre de l’Union Européenne et qu’à ce titre elle a quelques obligations en matière de finances publiques fixée par les traités. Mais le Président a-t-il encore assez d’autorité pour imposer cette réforme… à son gouvernement ? La confusion qui règne soulève de sacrées interrogations sur la résistance des ministères aux choix exotiques d’Emmanuel Macron.

Emmanuel Macron est probablement sorti très affaibli (beaucoup plus affaibli qu’on ne le pense) de la séquence “passe sanitaire”, improvisée le 12 juillet, où, selon nos informations, la décision de transformer le passe sanitaire en outil de crédit social a été prise quelques minutes seulement avant l’intervention présidentielle. Même si l’exécutif multiplie les communications rassurantes sur la grande victoire qu’il s’apprête à remporter, l’émergence et la persistance d’une mobilisation dans les rues, sans véritable relais politique susceptible de la canaliser, a calmé de nombreux ministres et les pousse, semble-t-il, à désobéir de façon de plus en plus ouverte au Président de la République. La réforme des retraites en constitue le meilleur symbole.