Macron a absolument besoin que Jean Castex conclue un accord avec les partenaires sociaux sur les retraites avant le sommet européen de ce week-end. C’est la condition sine qua non pour obtenir rapidement les 35 milliards que Macron pense avoir arraché à l’Allemagne sous forme de dons. Cette urgence explique le projet encore flou du gouvernement : l’enjeu est de donner un gage de bonne volonté à l’Europe, et surtout à l’Allemagne, pas de réformer le pays.
L’urgence avec laquelle Jean Castex réunit les partenaires sociaux sur la question des retraites, à laquelle il ajoute l’assurance chômage pour des raisons tactiques que nous allons voir, est peu analysée par la presse française. Elle s’explique pourtant très simplement : la France « cashburne » 14% de son PIB chaque année pour ses retraités, ce qui est un record dans le monde industrialisé. Les pays du Nord, qui ont accepté de discipliner leurs petits vieux pour maîtriser leurs dépenses publiques, exigent désormais que la France en fasse de même si elle veut obtenir des subventions européennes face à la crise.