Edouard Philippe a mystérieusement planté la réforme des retraites en cloturant son funeste discours du mercredi 10 décembre par une sortie mal calibrée sur l’âge-pivot à 64 ans. Cet écart de langage a projeté la CFDT dans l’opposition et explique largement la participation à la hausse à la grève du 17 décembre. Les coulisses de cette sortie de route s’éclaircissent peu à peu.
Pourquoi Edouard Philippe a-t-il jeté de l’huile sur le feu mercredi dernier en égrenant les avantages de la réforme par points avant de la condamner en la liant à un recul de l’âge de départ à la retraite, « ligne rouge » que la CFDT avait demandé de ne pas franchir ? La rationalité de son geste a échappé à beaucoup, à commencer par les syndicats réformistes qui s’apprêtaient à soutenir le gouvernement mais se sont trouvés contraints de la lâcher.